Anne ma sœur Anne…

Anne ma sœur Anne…
De Louis Chédid (1985)

Pourquoi ce titre ?
Qui donc est Anne ?
Pourquoi le chanteur choisit-il de s’adresser à elle ?

Ce titre, c’est tout d’abord les premiers mots de la chanson.
Charles_Perrault_Barbe-BleueOn peut penser, au début que Louis Chedid fait référence à la femme de Barbe Bleue, qui, à cause de sa curiosité risque la mort.
Avant d’être tuée, elle va demander à sa sœur Anne de regarder si ses frères ne viennent pas à son secours. Elle espère être sauvée.
« Anne ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? »

Anne-Frank-DeskMais on pense aussi bien sûr à une autre Anne, la petite Anne Frank qui avait fui son pays, l’Allemagne nazie avec ses parents pour trouver refuge en Hollande, cachée au fond d’un appartement dans une pièce secrète.

Toutes les deux sont destinées à mourir, elles sont séquestrées, menacées par une force, un pouvoir impitoyable (Barbe Bleue, Hitler), elles vivent dans la peur, car la domination des plus forts qui tuent sans scrupule plane sur elles.

Il est évident que le chanteur veut dénoncer la nazie nostalgie, c’est-à-dire, ce regret qu’ont certaines personnes de ce qui s’est passé avant, c’est quelque chose qui leur manque, ici principalement l’antisémitisme.
Notre actualité est effectivement envahie d’actes barbares qui s’attaquent à certains peuples : les symboles nazis et la croix gammée réapparaissent, des tombes sont profanées, retournées, saccagées, abîmées, un humoriste fait le geste de « la quenelle » , un joueur de foot italien fait le salut hitlérien sur un stade…

Louis Chedid veut nous alerter, et nous dit de nous méfier : il ne faut pas que les idées racistes reviennent. Aussi, il nous rappelle à quel point l’antisémitisme a pris des proportions horribles avec la terrible histoire de la pauvre Anne Frank qui finit par être arrêtée et meurt du typhus dans un camp.

Il aimerait au contraire, comme Chaplin dans le dernier discours du Dictateur pouvoir délivrer un message de tolérance : s’accepter tous tels qu’on est avec nos différences, considérer que nous sommes tous des humains, qu’aucun être humain ne peut avoir le statut d’un animal et que vivre ensemble est possible.

S’il parle d’Anne comme d’une sœur, c’est qu’il la porte dans son cœur, qu’il se sent tendrement proche d’elle, comme de sa famille. Alors nous aussi nous voulons porter cet espoir et parce que demain nous serons les acteurs de la société, nous refuserons cette nazie-nostalgie qui ronge le cœur des hommes.

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